Quelle démesure dans l’évocation de certains sujets dans nos médias ! Des Une qui se répètent de jour en jour, voire en semaines, créant des sujets “à la mode”, alors que d’autres sont oubliés ou simplement tus.
Des sujets générant trop souvent une phobie sociale, face à laquelle nous préférons rester enfermés, le regard rivé sur nos écrans télé, à gober les informations sans exercer notre sens critique.
A côté de cela, nous entendons de plus en plus de voix s’élever, celles des individus se sentant ”écoeurés face à cette offre massive de mauvaises nouvelles chaque jour identiques”, “bernés”, “manipulés”, etc.
Les médias n’ont-ils pas aussi la responsabilité d’apporter une part à cet édifice qu’est l’évolution humaine ? Quand, en Belgique, débattons-nous, avec recul, des affaires qui nous concernent? Quand nous impliquons-nous dans les affaires politiques ? S’exprimer. C’est à partir du dialogue que naissent les initiatives novatrices, qui font avancer la société.
Alors…Pourquoi ne pas diversifier les sujets abordés en première page de la presse ? Pourquoi les médias audiovisuels n’aborderaient-ils pas le monde plus largement ? Et avec ce nouveau panel de possibilités, parler également des actions positives. Celles qui donnent le goût d’avancer dans la vie et d’entreprendre.
Aussi, ne pourrait-on proposer au citoyen la possibilité de s’exprimer davantage que sur une page du courrier des lecteurs ? J’aimerais trouver dans le journal des hommes, femmes, journalistes, chercheurs, politiciens, étudiants, profs, écologistes, baroudeurs, avocats, médecins, sans emploi… qui s’expriment. Un contenu qui montrerait à l’homme son pouvoir de transformer les choses. Un recueil d’avis, de ceux qui pensent ‘différent’, au risque d’hérisser les poils de certains, rigides face à la nouveauté. La tendance au non-débat nous rend serviles…
En bref, pourquoi ne pas rendre la parole à ceux et celles qui entreprennent de beaux projets, à ceux et celles qui ont d’autres choses à dire ? Réapprendre à chacun à prendre du recul par rapport à l’information qu’on lui offre, à réfléchir de manière plus globale sur le monde dont il est acteur. Et à chercher, concrètement des solutions. Parler également des drames qui se déroulent chaque jour en Afrique. Permettre aux lecteurs de connaître les actions d’aide qui s’y déroulent et réfléchir à des initiatives qui, telles de petites gouttes, pourraient rendre le monde meilleur ?
Des sujets à la mode…une vision unique… Et surtout, une prise de distance difficile du citoyen. qui finit, à force d’entendre que telle chose EST, qu’il ne pourra pas la changer. Pire, ne pas même penser à ce changement. Ne pas l’imaginer.
Les sujets non-violents, les personnes qui lancent des initiatives intéressantes, qui se battent pour un idéal, qui sortent du lot par leur personnalité, leurs idées, le bien-être qu’ils apportent autour d’eux, ne valent-ils pas la peine d’être davantage racontés ?
Et les opinions. Beaucoup d’opinions. Qu’on réapprenne à réfléchir sur les choses, à ne plus seulement avaler l’information. Avoir la liberté également de critiquer le média lui-même, et sa vision partiale. Une sorte d’espace d’expression, de média plus intelligent…
Les instigateurs de Télévision du Monde l’ont compris. Encore à l’état de projet, cette nouvelle chaîne pourrait bien chambouler nos fausses idées, donnant d’un même élan un second souffle à notre libre arbitre. Une initiative à encourager.